"Un peu" de rocher avec un zest d'éthique!
Vendredi aprèm, on se barre avec Grojean pour le refuge du Pavé et ses 4h de marche. En montant, on croise deux cordées qui ont fait la course que l'on convoite le lendemain, GJean fait un peu la gueule. 22h on débarque dans la bicote, une soupe et au lit! Au moment de se mettre sous les couvertures, un gros ronchon nous fait connaitre sa position sur notre arrivée tardive en ces lieux, t'inquiètes pas vieux, dans 5h on remet ça!
Départ sous l'oeil de la lune et un peu plus de deux heures plus tard, 7h30 du mat donc on pose les mains sur le caillou de l'arête SE du Pic Gaspard.
C'est long, c'est beau, c'est haut!
Et vas y qu'on crapahute en corde tendue le premier tiers de l'arête où l'ambiance laisse un peu à désirer. Je sais pas comment le Grojean fait mais il arrive toujours à faire relais dans un endroit il peu s'asseoir. Le contraste est saisissant, je me traîne en tête alors que je suis essouflé en second alors bien même que j'ai réussi à lui refourgé le deuxième brin de corde.
L'arête s'allonge et quelques passages bien sympa agrémentent la progression. On s'y perd un peu dans le topo et c'est décontenancé que l'on découvre des pitons!
Relais à la niçoise.
Grojean se met taquet sur la droite, laisse un mousquif et reviens au relais. Il me refile le brin de corde et mets ses chaussons, cette fois il part tout droit, il hésite et d'un commun accord il redescent au relais pour partir à gauche dans une traversée bien glauque. Engagement de viande et un grésil neigeux vient assaisonné le métage taquet complet du Ju qui grimpe en gants et grosses.
Plus de temps à perdre, je rattrape le fil de l'arête et dans une cadence d'escargot bourguignon (Grojean commencant une congélation au relais), je passe le dernier ressaut, augmentant la distance des points et enchaîne sans attendre l'arête infinissable qui mène au sommet. 
De l'arête en veux tu en voilà.
On croit y être mais non, faut encore pousser. Faut l'avouer, je suis vraiment dans le dur, mes mouvements sont gourds et approximatifs mais putain elle où la fin de cette putain d'arête. Grojean me pousse et à 17h passée summit, je suis entamé!
Photo et faut attaquer un pauvre couloir tout pourrave.
On fait moins les malins au sommet.
Je prends du temps pôur chaque pas avec Jean qui joue le meneur et de patience. C'est la délivrance quand on arrive aux relais qui nous ramène sur le glacier qui lui même nous ramène à la base de l'arête dans une lumière de folie.
Reste plus qu'à descendre ces éboulis, passé les barres avant la nuit pour remonter au refuge, mais on n'y est pas encore mais alors pas du tout. Une lamentable vautre me permet de déchirer proprement mon fut mais faut continuer. 
Des contrastes de folies sur les Cerces.
Enfin le kairn distinctif qui ouvre la déscente. Tiens, c'est marrant cet hélico bleu qui tourne sur l'arête!
On a vite fait de comprendre que c'est pour nous qu'il est là. Pendant qu'il tourne là haut on continu notre descente pour avoir rejoint le chemin avant la nuit. 5 minutes plus tard, l'hélico nous repère et vient poser un gars à quelques encablures de nous.
dans une ambiance détendue
PGHM: c'est vous qui avez fait la SE?
GJ ou Ju: ouais ouais c'est nous.
PGHM: tout est ok?
GJ ou Ju: ouais pas de souci, on a un peu traîner sur la fin.
PGHM: c'est le gardien du Pavé qui nous a prévenu que vous deviez revenir au refuge (sachant qu'il est 21h passée)
PGHM: vous voulez qu'on vous pose au refuge? (mais non me dis je, c'est pas possible, c'est une hallucination auditive)
PGHM: c'est vraiment ps un problème!
GJ ou Ju (du fond du coeur): ah oui , on veut bien!
GJ ou Ju (pour un peu se rattraper): mais on peux finir à pied, c'est pas un souci.
PGHM: non non c'est vraiment pas un problème, c'est comme vous voulez.
GJ ou Ju: bon ben d'accord
passage un peu mito
PGHM: alpha crevette, alpha crevette pour shrouf volant, on ramène les perdros au bercail
perso c'est l'halu la plus complète. Le gendarme nous check en 2 secondes et on s'accroupi quand l'Alouette se met en stationnaire 10m devant nous. Ca fait du bruit et du vent! Le gendarme (celui là , on l'aime bien), passe les sacs à GJean et me fait monter, il rentre à son tour puis ferme la porte.
C'est hors du temps que le pilote fait plonger la bestiole au dessus de la moraine avec la face N de la Gde Ruine en fond. On remonte pépère et on se pose à 20m du refuge sur un pauvre tas de caillou (la classe le pilote!)
on échange un sourire avec le Grojean et on descend de l'appareil devant tout le refuge sorti pour l'occasion. Un geste de la main et nos amis du PGHM Briançon rentrent eux aussi au bercail.
Nous voici assis autour du réchaud qui ronronne, dans le calme retrouvé du refuge qui s'est endormi, on se marre comme des cons de ce coup de baguette magique.