Echappée belle en Vanoise.
Un petit échange de mail avec CD :
CD: Ca te dirait d'aller en montagne après la conférence à Aussois? JS: Oulala, c'est dangereux la montagne.
CD: Ah bon? JS: Bon, on y va alors? CD: Ok JS: Banco
et l'affaire est entendue.

Monolithe d'Aussois, posé ici par Obelix lui même
Après avoir validé le Monolithe d'Aussois, on prend le chemin du refuge de la Dent Parrachée. La nuit nous rattrappe aux abords du refuge, d'ailleurs on est pas vraiment sûr qu'il y ai un refuge d'hiver. Et là c'est un peu l'halu quand on pousse la porte pour rentrer dans une pièce avec un poil à bois qui tourne plein pot permettant un agréable 20 °C. 5 personnes sont là depuis un petit moment en plein repas. Mais trés vite, une odeur de loose revient, on a oublié la moitié de la bouffe dans la bagnole :-( Mais ce soir on est intouchable, nos amis anti-loose amateur de randonnée automnale nous tendent une casserole pleine de spaghetti bolognaise et une assiette de salade assaisonnée. On profite de la gazinière pour faire péter une ptite soupe qui complète à merveille ce repas. Tout ce confort nous promet une nuit sans accroc.
Un ciel de folie nous accueille le lendemain matin en sortant du refuge vers 6h: Orion et sa nébuleuse et la grande Ourse en rase motte. Longue marche d'approche et caillou à volonté pour rejoindre le pied de la Dent Parrachée à laquelle nous allons rendre visite un peu comme on rends visite à sa grand mère (poésie quand tu nous tiens). 2h pour remonter les 300m d'ébouli avec fourvoyage nous amène au col homonyme de la dent Parrachée à 3300m.

De la neige tout plein pour qui n'en veux, ambiance ambiance.
C'en est fini de la randonnée, on sort le matos des sacs, n'emportant que le nécessaire sur l'arête toute enneigée qui mène au sommet. Désormais, il n'y a plus de trace et on ressent un peu de wilderness dans ce début d'autonme. La neige est restée légère et il faut s'employer pour avancer dans du mixte enchantée par l'ambiance hivernale. Les 20 cm de neige fraîche aident bien dans les traversée mais offrent quelques difficultés quand il s'agit de rester le fil de l'arête. Pour finir, une longue partie plate nous amène jusqu'au sommet de la dent: soleil et silence nous baigne en ces pures heures.
Dent Parrachée, summit. Même si c'est un peu flou, on se doute bien qu'au second plan ce n'est ni le Gromain, ni le Grojean. Le lendemain, à la même heure et avec le même ciel que la veille nous quittons le refuge pour la fraîcheur de cette fin de nuit. Deux heures et demi plus tard, le soleil se montre mais manque de bol, on repasse à l'ombre côté nord quinze minutes plus tard. En fait, on va à la pointe de l'Observatoire mais par le côté opposé par rapport au refuge et ceci nous oblige à passer une ligne de crête: expo à la montée puis expo à la descente de l'autre côté, on a moyen apprécié. On attaque la voie vers 11h par un petit bout de face nord puis dès qu'on passe sur le fil, on se régale du bon rocher ensoleillé. Un petit fourvoyage me permet une mise taquet avec abandon de coinceur à la clé, weldone! Le milieu de la voie qui se développe horizontalement est l'occasion du pique nique alors qu'il est déjà 15h30 et que la neige se fait de plus en plus remarquer. La suite, après le crux en 5b, propose un enchaînement de grimpe sur mousse, sur neige et sur glace, le tout posé sur dalles granitiques, miam miam. 
Conditions parfaite pour le snow climbing et le close combat in the dark
18h37, le soleil nous quitte et 1h plus tard c'est la nuit qui nous rejoint, c'est alors que tout d'un coup un dragon aux ailes de feu nous emmène sur son dos jusqu'au sommet. En fait c'est pas vrai, les dragons ca existe pas, par contre les frontales ça existe, alors on les allume.
Faut pas croire, ça fait que 400m de haut.
Fourvoyage nocturne et promenade dans la poudreuse qui recouvre l'arête en chausson occupent notre soirée. Après l'avoir annoncé une dizaine de fois, nous voici au pied de la dernière longueur, un peu plus raide et heureusement toute sêche avec plein de goujon, c'est nos copains les goujons. Le dernier passage 100% neige a refroidi les petits pieds de la cordée, alors on profite un peu plus de cette arête ouest dans une ultime pose de cette journée: frictionnnage de pied, vidage de bouteille d'eau et là tout s'enchaîne: loosage de frontale.
23h SUMMIT !!
En redescendant, on rate le refuge alors on continu jusqu'à retrouver nos affaires déposé vers 2300 et c'est à 1h du mat que l'on s'enfile dans les duvets mort de fatigue dans l'herbe du Fond d'Aussois.
Un troupeau de taureaux nous accompagne jusqu'au petit matin.