La mise à mort de l'agneau blanc et autres histoires
La météo s'annonce bien mitigée pour ce week-end, mais les troupes sont bien chaudes, et c'est ça qui compte : Groju est déjà fatigué de sa première journée de rédaction de thèse, Thomas en peut plus de le supporter toute la journée, Teo est blasé de la prépa et Naga se lasse de la (Canne)bière. Des rumeurs annoncent même Ivan... Quant à moi ça fait bien 10 jours que je suis pas sorti.
Théo-dort ou Théo-file aussi grand que la descente de Neige Cordier, banzaii.
Alors pan ! c'est le décolage improvisé jeudi soir, plein de projets et logistique de dernière minute, comme d'hab. Groju, Thomas et moi on monte sous la pleine lune et on débarque sur les coups de 23h au refuge d'hiver de l'Alpe de Villard d'Arène, juste à temps pour dîner à l'heure espagnole et réveiller quelques poilus. La nuit est froide et courte, il fait beau au petit matin et tout le monde est motivé pour Neige-Cordier.
Ca commence pas mal, ya même un début de traces que Thomas prolonge de quelques mètres. La petite poudreuse est prometteuse... On traine pas trop mais il fait déjà bien chaud en bas de la brèche de la plate des Agneaux. Groju s'emploie à construire un escalier dans le couloir, et moi je m'occupe des fondations pour une terrasse sous la corniche.

Pic de Neige Cordier, des allures d'autre part... (yes, c'est puissant ce commentaire!)
A la fin du chantier, on est bien pété et le temps se couvre, mais on est pas encore arrivé. La fin de la montée est très laborieuse et on finit par se faire prendre dans les nuages au Col Emile Pic. Du coup, on renonce à l'arête sommitale (et c'est le but ! B1 pour les connaisseurs).

Ambiance mouflage pour une descente en neige physique.
La descente sur le glacier est remarquablement immonde, la partie la plus ludique s'avérant finalement être la descente en luge dans le raidillon rocheux final... sans oublier le long retour sur le plat de Valfourche, qui nous offre néanmoins un cadre idéal pour le pic-nic à l'heure espagnole (17h). On rentre au refuge juste à temps pour déguster quelques bières avant le dîner, pas de sieste aujourd'hui.
C'est là que débarque la relève : Teo en plein dîner, puis Naga au coucher, bien chauds tous les deux. La météo annoncée est pas terrible, une partie de l'équipe est bien lattée, donc on renonce au Piaget, au profit de Chamoissière. Après une bonne grasse-mat pas vraiment voulue (quoi que...) on est chaud comme des barraques à frites, la neige aussi, et on éclate vite-fait Chamoissière.

Auto photo télétransportée, les marioles rigolent.
Gros panorama au sommet, scéance photo acrobatique, on enquille la descente dans la soupe et on décrète la fin de la saison du ski.
Ptite bière au soleil en discutant avec deux tarrés qui sont allés jouer dans une avalanche (couloir plein E en fin de matinée, ils l'ont un peu cherché quand même), ça se couvre, Groju et Thomas filent vite fait avant la pluie et les 3 autres s'enterrent dans le refuge d'été. Ca pleut des cordes, l'optimisme a déserté la place.

La Flamby team aime les Figolu
On se lève quand même à 3h par acquis de conscience, et on constate qu'on est pas les seuls. Du coup les derniers nuages disparaissent pendant le ptit dej. Et c'est parti pour les Agneaux par la voie de la Calotte ! L'approche est longue mais ne suffit pas à réveiller Naga.
La poudre est tombée jusqu'au pied des Agneaux, la trace est agréable. Ca monte dans une neige de rêve, puis un ptit couloir à pied, et de nouveau les skis et on arrive gaillardement au pied de la calotte où on s'offre un pique-nique réparateur (8h). 
Les Agneaux, montagne d'élégance...
La calotte est raide est bien chargée, on est pas tranquille. Du coup Teo appuie sur l'accélérateur et grimpe tout droit vers le sommet, sans crampons le salaud ! Autant dire que moi, même avec les crabes, j'ai pété un bâton du grand père à force de tirer dessus comme un âne dans le raide. Et hop! le sommet à 10h30, on est les premiers et on voit au loin tous ceux qui sont sur la voie normale (glacier du réou d'Arsine) faire demi-tour. La descente par le Réou d'Arsine est bien chaude et bien lourde, avec un seul bâton c'est que du bonheur. On arrive lattés au refuge vers 14h, d'où l'on voit une cordée sortir du Piaget... bonne chance pour la descente les gars !
En bonus pour tous ses fans (et il y en a beaucoup), el Guigui qui en quelques heures passe de kamikase japonais à sex symbol assumé pour finir en Maradonna des couloir, quelle audace quel talent!
Allez ciao l'Alpe de Villard d'Arène, merci pour tout et à la prochaine !